Tout le monde en parle ! ! !

Des articles de journaux à ceux de magazines, en passant par les émissions radio et télé, Harry Potter, tout le monde en parle ! D'ailleurs, qui ne le lit pas ? Bon, n'allons pas jusque là car il est vrai que tout le monde ne lit pas Harry Potter. Pourquoi ? Manque de temps ? Manque d'intérêt ? Autre ? Allez savoir . . . .

En tous cas, voici quelques articles . . . certains recopiés, d'autres scannés, à vous de choisir ce que vous voulez lire . . .

Article pottermaniaque

Article du journal « A nous Paris »

Article du journal "Libération" n° 1
Article du journal "Libération" n° 2

Article du journal "Le Monde" n°1
Article du journal "Le Monde" n°2

Article de "Première"

Article du journal "Mon quotidien"

Dépèche de Yahoo

2 e Dépèche de Yahoo

3e dépèche de Yahoo

Article du journal "Le Quotidien" de l'île de la Réunion

Article du journal "Madame Figaro"

Article MARIANNE

Article, le Parisien

Article "livres hedbo"

Article du "Pélerin Magazine"

Article du Zurban

Article de France soir

Article du Nouvel Observateur

2e Article de Marianne

2e Article de "Livres Hebdo"

3e article de "Livres Hebdo"

Article de l'Actu

. . .

! en construction !

Essayez aussi :

- Photos de Fans


Virtuel et religion
MARIANNE 20 au 26 novembre 2000
Olivia Gesbon

Exit Steven Spielberg qui voulait faire de Harry Potter un film 100% images de synthèse. Pour l’auteur, l’essentiel est que le film reste fidèle à l’univers créé dans ses livres. Pour que la magie Potter continue d’opérer. Le choix de la majestueuse cathédrale de Gloucester comme lieu de tournage devrait y participer. Hypothèse retenue au grand dam des paroissiens, choqués par cette apologie des sciences occultes dans un lieu saint. Mais l’évêque a tranché : rangez vos gris-gris et autres amulettes, « les Harry Potter sont des livres très sains, d’une grande qualité morale ».


Un cousin de HP déjà en vue
LIVRES HEBDO 1er décembre 2000
Claude Combet avec Christine Ferrand
Artemis Fowl sera-t-il le nouveau Harry Potter ? Cet ouvrage sorti de l’imagination d’un instituteur irlandais, Eoen Colfer, a suscité un vent de folie à la dernière foire de Francfort (Salon du livre en Europe, NDLR.). Une dizaine d’éditeurs s’en sont arraché les droits.


Argument pour une polémique
LIVRES HEBDO 1er décembre 2000
Pierre Louis Rozynès.

Marketing : le mot qu’on dégaine avec dégoût sans trop connaître son exacte définition dès lors que quelqu’un s’affaire à lancer un livre. Pourtant, ce mot qui fait sale ne désigne que l’adéquation, pour qu’un livre puisse survivre dans sa jungle et finir à la caisse plutôt qu’au pilon, des paramètres suivants : quel produit, à quel prix, avec quelle promotion afin de le faire connaître et quelle distribution pour le faire acheter ?


S'ils le disent… ça doit être scientifique ! ! !
L’ACTU 29 novembre 2000
M. Giard

Selon le journal allemand Der Spiegel, si les jeunes sollicitent ainsi leur imagination, en lisant, ils deviendront plus intelligents.


Harry sur le divan : un grand psychologue nous parle…

FRANCE SOIR 29 novembre 2000
Carine Mayo

Cécile Templier et Isabelle Jenier, professeurs de français dans un collège du Val d’Oise, ont remarqué [ un phénomène d’identification au héros ] en travaillant sur le premier tome avec leurs élèves de 5e. « Ils s’identifient complètement à ce personnage chétif, pas très beau, qui arrive à faire émerger tout ce qui est positif en lui. L’histoire de Harry Potter est un formidable parcours initiatique. Il découvre le mystère de ses origines, l’amitié, se révèle sur le plan physique, scolaire. Ces profs, qui ont du mal à faire lire leurs élèves, ont vu la plupart d’entre eux terminer le livre et même enchaîner sur les suivants. [Et Sylviane Giampino, psychologue et psychanalyste, d’expliquer] « Ces livres sont bâtis sur des ressorts inconscients communs à tous les enfants : l’angoisse de séparation, de mort, et le désir de toute-puissance sur le réel. Ainsi, tout petits, les enfants croient qu’ils peuvent agir sur le monde par la force de leur imagination : déraciner un arbre, provoquer une tempête… Pour grandir, ils sont obligés de renoncer à cette illusion. Ils vont la retrouver en lisant Harry Potter, à travers les pouvoirs magiques des héros. »

[Question de France Soir : Pourquoi parlez-vous d’angoisse de séparation et de mort à propos de Harry Potter ?]. « Harry est en proie à des luttes profondes à l’intérieur de lui-même, entre des forces de vie et de mort. Parfois, il semble prêt à se laisser glisser vers la mort, comme s’il voulait rejoindre ses parents, tués peu après sa naissance. Tous les enfants connaissent à leur niveau cette difficulté à accepter de vivre sans leurs parents, à la crèche, à l’école, en colonie de vacances. Mais l’amour que leur portent ces derniers, leur désir de les voir grandir, les aide à surmonter ces obstacles. De même, si Harry possède la force de s’en sortir, c’est que sa mère en mourant lui a légué son désir qu’il vive… ».



Confidence de son premier éditeur : Barry Cunningham

LE NOUVEL OBSERVATEUR 23-29 novembre 2000
par Bernard Géniès

Avant la signature du contrat, Barry Cunningham invite Joanne Rowling à déjeuner. « Une chose m’a frappé d’emblée, raconte l’éditeur. Cette jeune femme me paraissait extrêmement sûre d’elle. Au début, elle a commencé par me parler de sa situation personnelle qui n’était pas très brillante puisqu’elle élevait sa fille seule et n’avait pas vraiment de métier. Mais quand nous avons abordé la question de son avenir littéraire, là elle s’est enflammée ! Elle m’a demandé ce que je pensais des romans à série. Je lui ai répondu que dans son cas il était peut-être un peu prématuré d’en parler. Certes, Bloomsbury lui signait un contrat pour deux romans avec une option sur les suivants mais bon…, on allait déjà voir ce qu’allait donner le premier. Elle ne m’a pas écouté et elle a ajouté que ce livre n’était en fait que le premier volume d’une série de sept. Elle n’avait pas encore écrit les six suivants mais elle avait déjà tout leur canevas en tête. Et elle s’est mise à me raconter son projet. J’étais sidéré.

Elle était complètement imprégnée par ses personnages et leur histoire ! » À la fin du repas – et il en rit encore quand il s’en souvient – Barry Cunningham dit à son invitée : « Tout ce que vous venez de me lire est formidable mais vous savez, la littérature pour enfants nourrit rarement les auteurs. Je vous rappelle que nous ne pouvons vous donner qu’un à-valoir de 2000 £ (environ 22 000 F). Si j’étais vous, j’essaierais de trouver un vrai travail ! ».



Dissertation : pourquoi les petits mots moldus sont si mordus

ZURBAN 22 au 29 novembre 2000
Fabienne Jacob

Elisabeth Springer, prof de français au collège Charlemagne, a inscrit l’an dernier le tome I des aventures de Harry Potter au programme de lecture de sa classe de 6e. Pari payant…

Zurban – Comment vos élèves ont-ils accueilli la lecture de Harry Potter ?
Elisabeth Springer – Au moment de la rentrée, j’avais mauvaise conscience. L’ouvrage me paraissait trop long et trop dense. En relisant le chapitre I – l’entrée en matière est ardue – j’ai pensé que mes élèves se décourageraient. Mais le « miracle » a eu lieu. Ils ont accroché à la lecture sauf quelques-uns qui déclaraient ne pas aimer les histoires de sorciers parce que « ça fait bébé »… Les deux tiers des élèves avaient déjà dévoré les tomes II et III ! C’était magique, cette lecture traînée de poudre ! Ils lisaient partout : pendant la récréation, à la cantine… De mémoire de prof, on n’avait jamais vu ça.

Zurban – Comment expliquez-vous cette passion de lecture, même chez ceux qui lisent peu ?
Elisabeth Springer – À cette question, les enfants répondent qu’ils aiment l’ouvrage parce que chaque page met en scène une nouvelle aventure. D’où l’envie de la tourner… Bien sûr, Harry Potter est un formidable livre d’action et de suspens, bourré de rebondissements et de gags. Mais c’est aussi une quête initiatique qui renvoie en écho au monde réel et qui fait réfléchir les enfants. Avec, à la clé, une vrai vision du monde et une morale qui n’est pas niaise. À saluer aussi, l’excellente traduction qui a su restituer l’inventivité et l’humour du texte original.

 


Revendications : on veut de la bonne littérature !

PÈLERIN MAGAZINE 1er décembre 2000
Marie-Eve Gualbert

« D’habitude, je ne lis pas beaucoup, avoue Victor, 12 ans. Mais des livres comme Harry Potter, ça donne envie. » Les aventures du jeune sorcier seraient-elles la preuve que les jeunes lisent si on leur propose de la bonne littérature ? Christine Baker [directrice littéraire chez Gallimard à Londres, NDLR] en est persuadée. L’étude réalisée par Jean Hébrard, auteur du Discours sur la lecture 1880-2000, va dans le même sens. Pour l’inspecteur général d’académie et historien de la culture, il faut distinguer l’opinion générale de la réalité. « Avec l’apparition massive de la télévision dans les années soixante-dix – un média qui devait mettre en danger l’écrit –, la lecture est devenue une valeur refuge, mais n’est pas menacée pour autant. On a l’impression que les enfants ne lisent plus. En réalité, ils lisent différemment des générations précédentes. »



 

La « maman » de Harry, troisième femme la plus riche d'Angleterre.

LE PARISIEN du mardi 28 novembre 2000
Frédérique Jourdaa

Aujourd’hui, la maman de Harry Potter est riche à millions. Á 33 ans , elle vient d’être élue femme de l’année par le magazine Glamour et est classée troisième au hit-parade des grandes fortunes féminines britanniques. Elle se protège comme elle peut de cette gloire envahissante et mène une vie paisible

avec sa fille dans un joli cottage à la campagne avec trois chambres et un jardin tout en continuant de puiser dans son enfance l’inspiration qui alimente la géniale créativité de « Harry Potter ». « Je me rappelle extraordinairement clairement ce que c’est que d’avoir 11 ans. Enfant, j’étais bûcheuse, prétentieuse et très angoissée. Surtout, à l’adolescence, quand ma mère a commencé à être malade. Il y a beaucoup de moi dans Harry. »

 


Le 29 novembre dernier : la nuit la plus longue…vous y étiez ?

LIVRES HEBDO du 1er décembre 2000
Claude Combet avec Christine Ferrand

Les libraires ont débordé d’imagination pour faire patienter leurs jeunes et très nombreux clients : soupes de sorcières, boissons et friandises répugnantes, magiciens, loterie, concours de déguisements, maquillages et jeux divers. […]. Même le divan à la superficie respectable n’offrait aucun espace libre.

« Les gens étaient ravis. Ils sont venus pour participer à un événement exceptionnel. C’est un autre rythme, un moment privilégié où ils prenaient le temps de discuter. C’était très rigolo : on avait de grandes tablées d’enfants dégustant leurs soupes de sorcières pendant que les parents déambulaient dans la librairie », explique Annie Duchemin de la librairie La Galerne (Le Havre). « Nous avons été surpris par le nombre d’enfants à cette heure-là : nous ne nous attendions pas à ce qu’ils viennent » s’étonne Eric Garnier, responsable de la librairie d’Extrapole Montmartre, qui a trouvé à la dernière

minute de petits cadeaux pour les faire patienter. « Nous avons vu des enfants, mais aussi des parents ou des grands-parents qui voulaient leur faire la surprise », ajoute Mikaël Schetter, de la Fnac junior (Paris).



MARIANNE du 20 au 26 novembre 2000
Olivia Gesbon

Face au succès littéraire des aventures de Harry Potter, l’empire des jeux contre-attaque. Les grands noms de l’entreprise du jouet n’ont pas l’intention de passer à côté d’un tel phénomène. Seulement, coût de l’opération oblige, il leur faudra se partager le biscuit. Mattel (n°1 mondial) commercialisera des jeux de questions et de cartes, des puzzles, ainsi que des figurines de collection, le tout inspiré des aventures de Harry. Coût de l’opération ? Environ 20 millions de dollars et 3 millions de stock options auraient été cédés à Tim Warner en échange de la précieuse licence Harry Potter, selon les estimations du New York Post. L’apprenti sorcier pourrait apporter un peu de sang neuf à une entreprise vieillissante, longtemps hypnotisée par le succès de la mythique Barbie. Pour ne pas susciter les jalousies, c’est Hasbro, autre géant américain du jouet, qui aura la responsabilité des cartes et des jeux électroniques. Par ailleurs, l’éditeur de jeux vidéo Electronic Arts a obtenu auprès de Warner Bros les droits mondiaux de la série. Son pré carré ? Internet. Enfin, c’est à Lego, l’empire danois du jeu de construction, qu’il revient de faire les plans des nouveaux édifices inspirés du film.

 


Hip hip hip... "Harry Potter", il est sorti le tome quatre !
dépêche "Yahoo !" du 29 Novembre 2000
PARIS, 29 nov (AFP) - Les librairies parisiennes étaient ouvertes à des heures indues mardi 28 novembre, bondées de clients avides dont certains d'un âge bien tendre pour veiller si tard et tout ce petit monde piétinait, attendant les douze coups fatidiques de minuit, et la sortie du tome quatre de la série "Harry Potter".

Minuit, heure sorcière et hip hip hip..."Harry": les cartons sont apparus, dans une cinquantaine de librairies à travers la France portés par des vendeurs en noir, grosses lunettes rondes sur le nez et long chapeau pointu sur la tête, les livres ont été déposés en pile, couvertures orange flamboyant marquées du titre tant attendu, "Harry Potter et la coupe du feu". La ruée pouvait commencer.

Les éditions Gallimard avaient réussi leur sortie en fanfare de leur enfant prodige, lancé d'ailleurs avec un battage exceptionnel, rarement sinon jamais vu pour la publication d'un livre, encore moins d'un livre catalogué "jeunesse" bien que la série soit maintenant lue autant par les enfants que les adultes.

Elles ont d'ailleurs tiré le quatrième tome des aventures magiques du jeune sorcier, à 450.000 exemplaires, un record, et le sortent non plus en collection jeunesse chez Folio junior comme les trois premiers, mais en "hors série littérature". L'édition en Folio attendra l'an prochain et ceux qui avaient aimé les trois premiers "Harry" en édition poche à 30F (4,57 euro) doivent, pour continuer à assouvir leur désir, débourser 120F (18,29 euro). Il faut dire que le number four compte 656 pages et que la France s'est alignée sur tous les autres pays qui publient la série en "hard cover" grand format, collection littérature.

Outre ce tome magique, Gallimard sort simultanément un coffret des quatre titres (399F - 51,68 euro)), un livre audio où Bernard Giraudeau lit l'intégrale du premier tome, "Harry à l'école des sorciers" (199F pour neuf heures d'écoute - 30,33 euros) et une interview de l'auteur (64 pages 28 F - 4,26 euros). J.K. Rowling, une Anglaise de 34 ans, qui a inventé son héros en 1996 y raconte son épopée. Manuscrit deux fois refusé par des éditeurs qui aujourd'hui doivent être assez malheureux puis accepté mais tiré d'abord à 5. 000 exemplaires pas plus en Grande Bretagne jusqu'à la traînée de poudre dès 1998 à travers le monde: on en est à 66 millions d'exemplaires vendus battant Mary Higgins Clark et Stephen King, dont 1,4 millions en France.

Phénomène éditorial et phénomène "marketing". La sortie de "La coupe de feu" a été orchestrée comme celle d'un jeu video, sans cependant jouer sur l'effet "pénurie" mais avec pompe et orgues. Ainsi, à Paris, à la "FNAC junior", à "Extrapole" ou au "Divan" dans le XVe, la librairie de Gallimard, les portes se sont ouvertes dès 22H et les clients ont été accueillis avec des ballons multicolores, des verres de potions magiques rose et vert fluo, des bonbecs bien gluants à machouiller mais aussi des tombolas pour gagner t-shirts et chapeaux sorciers, tout pour se mettre dans l'ambiance avant minuit.

A Montmartre, la "Librairie des Abbesses", avait choisi un tout autre style et mis l'accent sur la jeunesse: les enfants y étaient conviés dès 22 heures aussi, invités à venir en pyjama et ils ont été une bonne trentaine à "obéir". On les a installés dans des fauteuils, on leur a lu des passages du livre (avant l'heure, on a craqué un peu) et on les a photographiés à tour de rôle. Leur image sera en vitrine à partir de jeudi. La petite librairie montmartroise avait pris 100 exemplaires, loin des 800 du "Divan", mais bien loin aussi de la dizaine à peine stockée pour tout autre titre et elle en a écoulé la moitié avant une heure du matin et le baisser de rideau.



Harry Potter ensorcelle les librairies françaises, par Hélène Fontanaud,
dépêche "Yahoo !" du 29 Novembre 2000

PARIS (Reuters) - Après la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l'Allemagne, la France est gagnée à son tour par la "Pottermania", à l'occasion de la sortie dans l'hexagone du quatrième tome des aventures du petit sorcier, "Harry Potter et la Coupe de Feu".

Pour la sortie de la version française de "Harry Potter and the Goblet of Fire", ce mercredi, les éditions Gallimard, qui vivent des instants magiques depuis que les ventes des trois premiers tomes se sont envolées, ont vu grand, avec un tirage de 450.000 exemplaires.

Comme pour le lancement de la console de jeux Playstation 2 il y a cinq jours, l'appétit du public a été soigneusement aiguisé, avec une multiplication d'articles dans la presse et la mise en place d'un système de pré- réservation chez les libraires - quelque 300.000 commandes ont été enregistrées.

Pour les internautes, le site amazon.fr a ouvert lui aussi une pré-commande et, associé à Chronopost, s'est engagé à livrer dans toute la France avant 10h00 du matin mercredi.

Mardi soir, une quarantaine de librairies avaient décidé d'organiser des "nocturnes", avec animations et tours de magie, avant de pouvoir mettre le livre en vente à minuit une exactement, à "l'heure des sorciers".

Un "cocktail magique" avait été organisé au siège de Gallimard, à Paris. Les couloirs et les salons de la très ancienne et habituellement austère maison d'édition étaient emplis de sorciers en habits noirs et chapeaux pointus, certains arborant la célèbre paire de lunettes brisées de Harry Potter.


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66 millions d'exemplaires dans le monde


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Des décoctions de mandragore et de la poudre de lune voisinaient avec des bonbons en forme de serpents et magiciens et devins exerçaient leur art devant des enfants, surtout curieux de savoir quand ils auraient entre les mains le quatrième tome tant attendu.

Un "Magicobus" rouge à impériale attendait rue du Bac pour emmener tout ce petit monde à la librairie Le Divan, dans le XVe arrondissement, où une soirée Harry Potter a été organisée, en présence notamment de l'acteur Bernard Giraudeau, qui a enregistré une version audio du premier tome, "Harry Potter à l'Ecole des Sorciers".

Sous un ciel de ballons multicolores, une foule compacte se pressait, les parents, qui sont aussi des lecteurs de ce livre pour enfants pas comme les autres, ayant accompagné leur progéniture.

"J'attends minuit, j'ai attendu un an pour connaître la suite, alors je peux attendre minuit", confiait Antoine, 11 ans, tandis que des sorcières aux cheveux verts entamaient tours de magie et sortilèges pour faire patienter le public jusqu'aux douze coups de minuit.

Christine Dheilly, directrice de la librairie, a souligné que, contrairement à ce qui s'était passé la semaine dernière pour la Playstation 2, aucune pénurie n'avait été organisée pour la sortie du livre. "Tout le monde en aura", a renchéri une vendeuse.

La "Pottermania" a pris de l'ampleur ces dernières semaines en France. Chez Gallimard, on confie en effet que, si 1.250.000 exemplaires des trois premiers tomes, édition classique et édition de poche confondues, se sont vendus jusqu'ici, 300.000 exemplaires se sont arrachés dans le seul mois d'octobre. Le premier tome a été publié en France en octobre 1998, le second en mars 1999 et le troisième en octobre de la même année.

Dans le monde entier, 66 millions d'exemplaires ont été vendus. A titre de comparaison, 20 millions d'exemplaires du "Petit Prince" de Saint-Exupéry se sont vendus dans le monde depuis 1946.


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Un film en cours de tournage


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Le triomphe de la série Harry Potter a rassuré les éditeurs mondiaux, réunis à la Foire de Francfort fin octobre. Il est vrai que les enfants sont réputés être rétifs à la lecture et le quatrième tome de Harry Potter ne fait pas moins de 651 pages.

Certains libraires regrettent toutefois que "l'arbre cache la forêt" et expliquent que le succès des livres de J.K.Rowling masque la santé fragile de l'édition des livres pour la jeunesse.

J. K. Rowling, 34 ans, a prévu d'écrire au total sept livres, chacun racontant une année de collège du jeune sorcier. Si on connaît le titre du cinquième tome, "Harry Potter et l'Ordre du Phénix", on ne connaît pas sa date de sortie. On sait en revanche que la romancière britannique a déjà écrit le dernier chapitre du dernier livre. "Pour savoir où j'allais", a-t-elle expliqué.

Héros d'un roman d'initiation dans un monde imaginaire - où les non-sorciers sont baptisés "Moldus" - Harry Potter avait onze ans dans le premier tome. Il aura 18 ans à la fin de ses aventures.

Le cinéma n'a pas tardé à s'emparer de ce héros mondial. La Warner a acquis les droits et le cinéaste américain Chris Colombus a commencé le tournage du film adapté du premier tome des aventures de Harry Potter.

C'est un jeune Britannique de 10 ans, Daniel Radcliffe, qui a été choisi pour interpréter le petit sorcier. Quant au personnage de Voldemort, l'ennemi mortel de Harry Potter, redoutable adepte de la magie noire, il sera entièrement numérique.

La sortie du film est prévue en décembre 2001 en France. Avec une avalanche de produits dérivés, T-shirts, figurines et jeux.



Dépèche de Yahoo

Harry Potter : un héros envoûtant,
dépèche de "Yahoo !" du 29 Novembre 2000
Du jamais vu ! Ils ont entre 8 et 15 ans et se comptent par milliers. Comme envoûtés, ils se ruent à la porte des librairies dans l'espoir d'obtenir un exemplaire de leur roman préféré. Le scénario est le même aux quatre coins du monde.

Traduit dans plus de trente langues, le livre s'arrache comme des petits pains. Mais qu'est-ce qui fait courir nos chères têtes blondes, ranger leur playstation, débrancher la télé et s'enfermer dans leur chambre pour s'adonner à leur activité désormais favorite : la lecture ? La réponse est à chercher du côté d'un jeune sorcier venu d'Ecosse. Son nom : Harry Potter.

C'est en 1990 que Johan Kathleen Rowling, une écossaise de 34 ans, a l'idée de raconter les aventures de ce jeune apprenti sorcier alors qu'elle attendait un train qui avait du retard. Le premier tome sort en 1995. Depuis, le succès est au rendez-vous. Et les aventures de Harry Potter, à l'Ecole Hogwarts où il apprend à perfectionner son don de sorcier pour combattre les forces maléfiques, tiennent en haleine des milliers d'enfants à travers le monde.

Sorti mercredi 29 novembre en France (à partir de minuit 01 du matin), le quatrième tome - 640 pages - d'une saga qui doit en comprendre sept, s'intitule Harry Potter : la coupe de feu . Le livre fait déjà fureur en Angleterre et en Amérique du Nord depuis le mois de juillet dernier. C'est ainsi que Gallimard, son éditeur français, a décidé de le publier dans sa collection grand format :"Hors série littérature". Du côté du cinéma, quelques rumeurs circulent d'ores et déjà sur sa future adaptation

Lévi Fernandes


 


Article de Mon Quotidien :

J'AI L'IMPRESSION DE VIVRE AUX CÔTES DE HARRY POTTER

Cinq millions d'Américains ont déjà acheté Harry Potter and the Goblet of fire, le 4ème tome de la série, sorti le 8 Juillet dernier aux Etats-Unis (et en Grande-Bretagne). Mon quotidien a interviewé quelques lecteurs.

<< J'étais très fière de lire que la première fille dont Harry Potter tombe amoureux est une petite française, comme moi ! >> s'exclame Maryse, 10 ans, qui vit aux Etats-Unis. Cette fille fait partie des cinq millions d'Américains qui ont déjà acheté le 4ème tome des aventures de l'apprenti sorcier, sorti le 8 Juillet dernier aux Etats-Unis et en Grande Bretagne. Dans Harry Potter and the Goblet of fire, le héros britannique affronte à nouveau son ennemi, Voldemort. Il joue aussi au Quidditch, un jeu de balle, contre l'équipe de Fleur Delacour, une petite française dont il tombe amoureux.

Suspense

<< Ce livre est tellement bien écrit que j'ai l'impression de vivre moi aussi les aventures de Harry Potter ! >>, s'exclame Kate, une Américaine de 14 ans. Julian, 12 ans, attend le Vendredi soir pour se plonger dans son roman préféré :
<< Comme il n'y a pas école le Samedi, je ne peux pas m'arrêter tant que le livre n'est pas fini. Il y a trop de suspense >> raconte-t-il. Harry Potter a des milliers de fans dans le monde entier. Le 4ème Tome arrivera dans les librairies européennes au mois d'octobre, le temps d'être traduit de l'anglais. Patience donc !



 

HARRY, UN SORCIER QUI VOUS VEUT DU BIEN

A minuit, le 8 juillet, ils étaient des milliers à faire la queue devant les librairies qui avaient décidé de rester ouvertes à l'occasion de la sortie américaine d' Harry Potter and the Goblet of fire, quatrième épisode des aventures du jeune héros créé par J.K. Rowling, une mère célibataire britannique passée du jour au lendemain de la misère aux listes des plus grandes fortunes.

Pour ceux qui auraient passé ces dernières années plongés dans leurs grimoires, rappellons qu'Harry Potter est un jeune orphelin élevé par un oncle et une tante acariâtres, qui va étudier la magie dans une école pour sorciers et découvre un univers parrallèle peuplé d'enchanteurs et de sorcières, de fantômes, de dragons, de licornes et de lutins.

Les trois premiers livres de la série, traduits dans une trentaine de langues, ont été vendus, selon les estimations, à 30 ou 40 millions d'exemplaires de par le monde. C'est bien plus qu'il n'en faut pour qu'on affûte les baguettes magiques à Hollywood. Car certains n'hésitent pas à voir dans cet affrontement entre les sorciers qui utilisent leurs pouvoirs pour faire le bien, et ceux qui ont choisis le côté obscur de la force, un Star Wars pour la nouvelle génération. C'est la Warner qui, en 97, presque par hasard, a décroché le gros lot en prenant pour moins d' 1 million de dollars une option sur les droits d'adaptation du premier livre avant même que sa publication aux Etats-Unis ne donne la mesure de l'ampleur du phénomène. Les studios font ça couramment au cas où... Les réponses des premiers scénaristes et réalisteurs à qui la Warner a fait parvenir le livre, ne furent guère entousiastes, y compris pour certains qui auraient été prêts, quelques mois plus tard, à se couper un bras pour prendre le train en marche.

TU VEUX OU TU VEUX PAS ?

Le projet pris d'un tour nouveau l'année dernière quand Brad Silberling, le réalisateur de Casper, attira l'attention de Steven Spielberg sur le potentiel du livre. Celui-ci proposa aux patrons du studio de partager avec DreamWorks le risque financier du film, sur lequel il interviendrait en qualité de producteur, tandis que Silberling le réaliserait. Mais, tandis que les deux premiers livres de la série s'installaient solidement dans les listes des meilleures ventes, la Warner décida de faire monter d'un cran les enchères. Avec tout le respect que ses responsables devaient à Silberling, ils firent savoir à Spielberg qu'ils n'envisageraient d'associer DreamWorks au projet que si celui-ci acceptait de le réaliser lui-même.

Spielberg, qui hésitait déjà à l'époque entre A.I., d'après un scénario de Stanley Kubrick, et Minority Report, un projet avec Tom Cruise, promit d'y réfléchir. Il y a effectivement réfléchi pendant plusieurs mois, envisageant notamment d'en faire un film d'animation, ce qui lui aurait permi de mener à bien simultanément un autre de ses projets. Il aurait également discuté du rôle principal avec Haley Joel Osment, la jeune vedette de Sixième Sens, au grand émoi de J.K. Rowling, très réticente à l'idée de voir son histoire et ses personnages complètement américanisés. Spielberg, qui siège au sommet de la chaîne alimentaire hollywoodienne, n'est pas quelqu'un qu'on bouscule. Mais la Warner, qui comptait bien mettre le film en chantier cet été, commançait à avoir des sueurs froides. On peut penser que le studio fut d'une certaine manière soulagé quand le réalisateur fit savoir, le 22 Février, qu'il renonçait à Harry Potter. D'autant qu'il trancha quelques jours plus en faveur d'A.I., un autre film Warner.

LE PROJET PREND FORME

Libérée de l'obligation de s'associer avec DreamWorks sur un projet devenu l'un des plus chauds d' Hollywood, la Warner, qui avait entre-temps engagé Steve Kloves pour écrire l'adaptation, se lança dans la recherche d'un réalisateur de premier plan qui soit à la fois interressé par le projet et prêt à s'atteler à la tâche rapidement, ce qui n'était apparemment pas le cas de Rob Reiner, Robert Zemeckis, Jonathan Demme, Tim Robbins, Wolfgang Petersen ou Ron Howard... Pour faire plaisir à J.K. Rowling, quelque Anglais furent également contactés, comme Mike Newell et Alan Parker. Au terme de la consultation, le dernier carré réunissait Brad Silberling, Ivan Reitman, Terry Gilliam et Chris Columbus. L'expérience de ce dernier avec les enfants acteurs ne fut sans doute pas étrangère à sa sélection, annoncée officiellement le 28 Mars.

Peu de temps après, une petite annonce, rapidement reprise par les journaux du monde entier, apparut sur le site web du film pour rechercher des <<enfants britanniques âgés de 9 à 11 ans qui ressemblent à Harry Potter, Hermione Granger ou Ron Weasley>>. Les candidats étaient invités à envoyer une cassette vidéo les montrant notamment en train de lire un passage de leur choix dans l'un des livres de la série. La production aurait reçu quelque soixante mille candidatures et procédé à plusieurs centaines d'auditions. Des millions de préadolescents attendant maintenant la révélation des noms des heureux élus.

Pendant ce temps, le casting des adultes se poursuit. Maggie Smith devrait jouer le rôle du professeur Minerva McGonagall, directrice adjointe de l'école des sorciers, et Robbie Coltrane celui du bon géant Hagrid. Richard Harris, quant à lui, pourrait interprêter le personnage du sage Dumbledore, tandis qu'Alan Rickman s'est vu proposer celui de l'inquiétant professeur Snape, d'abbord offert à Tim Roth, qui a choisi plutôt de faire la nouvelle version de La Planète des singes, que réalisera Tim Burton. Le personnage du méchant Voldemort, en revanche, pourrait être entièrement créé en image numériques.

MARCHANDS DE RÊVE

La préproduction bat son plein. Les spécialistes des effets spéciaux sont déjà au travail pour créer le chien à trois têtes et matérialiser les exploits des joueurs de Quidditch sur leurs balais volants. La cathédrale de Gloucester a été choisie pour abriter l'école de Hogwarts, les responsables de celle de Canterbury ayant refusé d'acceuillir le tournage de peur d'effrayer leurs ouailles. Les prises de vues devraient commencer en octobre, en prévision d'une sortie américaine qui a été récemment repoussée au 16 Novembre 2001. La sortie française, quant à elle, est programmée pour Décembre. De son côté, Steve Kloves travaille à l'adaptation du deuxième roman de la série, et l'idée d'enchaîner le tournage du deuxième film après le premier serait à l'étude. Les premières licences de merchandising ont été vendues à Mattel et Hasbro, deux des plus gros fabricants de jouets du monde. Plus de quarante autres sociétés préparent toute une gamme de produits allant du cartable à la serviette de bain.


 


Les produits dérivés Harry Potter vont déferler

NEW YORK, 29 juil (AFP)
- Suite logique du succès de la saga littéraire pour enfants Harry Potter, nombre d'entreprises du jouet, dont les deux géants américains Mattel et Hasbro, se préparent au lancement d'une série de produits dérivés, inspirés des aventures du petit héros magicien. Le numéro un mondial du jouet, Mattel, va commercialiser prochainement des jeux de questions et de cartes, des puzzles ainsi que des figurines de collection, a indiqué une porte-parole du groupe, Sara Rosales. Le groupe a obtenu la licence Harry Potter auprès de Time Warner pour 20 millions de dollars et trois millions de stock-options, selon le quotidien New York Post, une information que Mattel a refusé de confirmer. Son principal concurrent Hasbro proposera quant à lui des cartes et des jeux électroniques, a précisé un porte-parole de la compagnie, Wayne Charness. Les premiers jouets Harry Potter seront disponibles à l'automne, peu avant Noël. Une deuxième vague Potter suivra en 2001. Mattel, en perte de vitesse malgré la renommée de la célèbre poupée Barbie, comme Hasbro, dont les ventes de la peluche parlante Furby ainsi que de produits Star Wars et Pokemon fléchissent, ont envie de croire à la magie d'Harry Potter. Mattel a affiché une perte de 165 millions de dollars sur les six premiers mois de l'année 2000, tandis qu'Hasbro voyait son bénéfice fondre de moitié à 21,6 millions de dollars. Les quatre premiers tomes des péripéties du petit magicien orphelin ont été publiées en plus de 30 langues dans 115 pays. Le premier tome des aventures d'Harry Potter date de 1995. Mais c'est au troisième que la folie s'est emparée des lecteurs. Les trois premiers volumes ont été vendus à 35 millions d'exemplaires. Le quatrième, sorti le 8 juillet, a pulvérisé tous les records de vente, avec, aux Etats-Unis, quelque trois millions d'exemplaires vendus en un week-end. Harry Potter pourrait donner un nouveau souffle aux fabricants de jouets grâce au succès quasiment assuré des licences inspirées de héros de livres, de dessins animés ou de cinéma auprès des enfants comme des adultes. "Je pense que ces produits vont connaître un grand succès car Harry Potter est vraiment très populaire, il l'est même plus que certains gros films", souligne une porte-parole de la Fédération américaine de l'Industrie du jouet (Toy Manufactures of America), Colleen McMillen. Cette offensive promet un succès mondial et des retombées économiques comparables à ceux de Star Wars, a estimé un expert de la revue spécialisée Toy report, Chris Byrne. La trilogie Star Wars, sans compter "la Menace Fantôme" sortie en 1999, a rapporté plus de quatre milliards de dollars grâce à la bande originale, aux lasers, figurines et autres jouets dérivés. Les produits nécessitant une licence ont représenté 46% des ventes de jouets aux Etats-Unis en 1999, selon Colleen McMillen. Habro et Mattel préfèrent rester discrets toutefois sur le pourcentage que ce créneau occupe dans leur chiffre d'affaires. La sortie du film "Harry Potter", prévue par Warner Brothers en novembre 2001 et dont la réalisation a été confiée au réalisateur de "Madame Doubtfire" Chris Columbus, permettra de relancer la "pottermania", au cas où elle faiblirait d'ici là.


 

Article du journal « A nous Paris » :

Harry, un livre qui fait du bien

<< Harry Potter, succès interplanétaire, c'est aussi l'histoire d'une chômeuse qui a basculée de l'autre côté du miroir. Surprenant, ce phénomène mondial qu'est devenu Harry Potter à l'heure du Net et des jeux vidéo. Sans aller jusqu'à voir un rapport de cause à effet entre les séquelles subies par l'écrivain écossais dans notre monde de brutes et l'histoire de Harry, on devine qu'un lien étroit unit les deux personnages. Sortie du commun des "moldus"*, J.K. Rowling, mère élevant seule son enfant, est passée du rang de chômeuse à celui d'écrivain célébrissime : 35 millions d'exemplaires dans 140 pays et 42 prix littéraires, c'est un record inédit atteint par cette championne de la littérature enfantine, qui, perversion suprême, est lue en cachette par les adultes. Sorcellerie, aventure, heroïsme, camaraderie, rien de nouveau sous le soleil de la littérature pré-adolescente, si ce n'est ce petit rien indéfinissable qui fait les grands succès populaires, aux antipodes des études de marketing. Pour ceux qui l'ignorent, Harry Potter est un petit garçon orphelin, vivant chez son oncle et sa tante, qui le traitent comme un pestiféré (bonjour Cosette). Et voilà qu'un matin, Harry apprend qu'il est non seulement un sorcier, mais aussi un héros pour tous les enfants abandonnés dans le monde terrible des adultes ("tous les enfants sont seuls", chantait Dalida). Il se heurte aux obstacles que rencontre l'enfant grandissant : se trouver une place, faire face aux chagrins d'amitié et aux premiers coups de foudre. J.K. Rowling, elle-même maman d'une petite fille, n'a pas manquer de glisser au fil des pages de nobles valeurs telles que l'amitié, la loyauté, le courage ou la persévérance. Pour le reste, il suffit d'en lire un pour comprendre. *Pour information, un "moldu" est un adulte qui refuse de croire en la pensée magique (coucou Peter Pan) et qui déteste que l'on vienne perturber ses habitudes." >>

 


 

Article du journal « Le Monde » du vendredi 31 mars 2000

La Pottermania frappe les adultes
Il y a beaucoup d'aspects improbables dans le phénomène Harry Potter. Qui aurait pu croire, par exemple, qu'il réconcilierait avec la lecture autant d'enfants - surtout des garçons - qui, au bout de 300 pages, jubilent et en redemandent ? Qui aurait pu croire que les chaudrons et les baguettes magiques pouvaient être encore « efficaces » au temps de la PlayStation et du cyberespace ? Mais le plus étonnant, c'est peut-être que beaucoup d'adultes « marchent » aussi. Apercevant cet engouement, les éditeurs anglais et américain de Rowling ont très vite sorti une édition à couverture plus « sobre », évitant ainsi aux grandes personnes l'embarras de devoir cacher leur héros sous les cours de la Bourse. Gallimard a fait de même (60 000 exemplaires adultes vendus en cinq mois). Quant à J. K. Rowling, elle dit avoir écrit ses romans « pour elle », sans penser à un public précis. Mais elle raconte son étonnement, en Allemagne, au cours d'une signature d'ouvrages parus en collection jeunesse, lorsque, demandant aux adultes « A qui dois-je dédicacer le livre ? », ceux-ci répondaient « Mais à moi ». Dans un article de la New York Review of Books (1), Alison Lurie tente d'éclairer ce phénomène. « Dans les pays de langue anglaise, depuis la fin du XVIIIe siècle, poètes, philosophes et éducateurs soutiennent qu'il y a quelque chose (...) d'unique dans l'enfance. » « Parce que celle-ci est considérée comme une condition supérieure, beaucoup d'Anglais et d'Américains ont du mal à l'abandonner. » Cette idéalisation romantique explique que les classiques pour la jeunesse, souvent anglais ou américains, prennent le parti des enfants contre celui des adultes. « Ces livres, écrit-elle, sont, dans le sens le plus profond du terme, subversifs. » Les Latins, eux, sont sensibles à l'humour. « C'est sans doute pour cela que Harry Potter marche mieux que Les Royaumes du Nord, cette formidable trilogie de Philip Pullman », note Nathalie Carter, scénariste et lectrice enthousiaste de J. K. Rowling. « Il y a là une façon très matter of fact de traiter le merveilleux, de l'accepter. Harry Potter , c'est cette légèreté-là. Un peu comme Peter Pan. » Pour la romancière Eve de Castro, « Harry Potter réunit d'une manière à peu près unique deux univers très populaires en Grande-Bretagne : celui de la littérature enfantine et celui de la littérature de collège » - les school novels, qui remontent à Kipling. Plus généralement, « il procure le même dépaysement qu'Alice. C'est un miroir derrière lequel l'univers de la sorcellerie devient aussi vrai et tangible que le monde réel, avec ses règles et sa logique. Entre fanatiques, on joue à des petits quiz, dans la rue ou la salle d'attente du médecin. On se demande : »Quel est le nom des Animagus avant leur transformation ?« C'est comme si vous discutiez avec des inconditionnels de Balzac. Ils vous parlent de La Comédie humaine comme si c'était un vrai monde. Et les familiers de ce monde deviennent familiers entre eux. C'est le formidable cadeau que fait J. K. Rowling à ses lecteurs. »


 

Article paru dans le journal "Libération"

<< Uniforme : 3 robes de travail (noires), modèle normal ; 1 chapeau pointu (noir).
Fournitures : 1 baguette magique ; 1 chaudron (modèle standard en étain, taille 2) ; 1 boîte de fioles en verre ou cristal.
Les élèves peuvent également apporter un hibou OU un chat OU un crapaud.

IL EST RAPPELÉ AUX PARENTS QUE LES ÉLÈVES DE PREMIÈRE ANNÉE NE SONT PAS AUTORISÉS À POSSÉDER LEUR PROPRE BALAI >>

A Poudlard (école de sorcellerie fondée en l'an 1000, pensionnaires uniquement), on ne rigole pas avec le règlement; l'orphelin Harry Potter va s'en apercevoir. Mais à 11 ans, il a d'autres chats à fouetter. Un oncle qui le maltraite, Drago Malefoy, le caïd de l'école, qui lui cherche des crosses, et surtout le terrifiant lord Voldemort qui le poursuit de sa haine. En montant dans le Poudlard Express (quai 9 3/4, gare de King's Cross) avec Harry, l'apprenti-sorcier, les jeunes lecteurs vont connaître la solitude, découvrir l'amitié et combattre le mal. Classique. Sauf que la suite n'a rien de classique. Le destin des aventures de Harry Potter (trois volumes publiés, quatre à venir) n'a rien à voir avec l'accueil habituel (écoliers enthousiastes/parents satisfaits/bibliothécaires radieux) des succès de littérature pour la jeunesse. Avec Harry, l'auteur des livres Joanne K. Rowling, une Britannique de 34 ans a elle aussi basculé dans un autre monde : celui de la célébrité planétaire, des fans hystériques, du sommet des listes de best-sellers et de grandes fortunes. En dix-huit mois, ses livres ont été traduits en 27 langues et vendus à 19 millions d'exemplaires dans 130 pays (13 millions aux Etats-Unis, 3 en Grande-Bretagne, 250 000 en France). Même les grandes personnes lisent Harry Potter. Et pour celles qui n'osent pas encore le faire en public, les éditeurs américains, anglais et maintenant français l'ont publié dans une deuxième collection, avec couverture et format plus "adultes". A ce niveau-là, ce n'est plus un succès d'édition, mais un envoûtement universel. Les trois livres ont reçu quelques dizaines de prix littéraires, Joanne Rowling vient d'être élue femme de l'année (aux côtés de l'actrice Jennifer Lopez et de l'astronaute Eileen Collins) par le magazine Glamour et classée troisième au hit-parade des grandes fortunes britanniques. Provisoirement. L'an prochain, il faudra ajouter les royalties du film (produit par la Warner, il devrait être réalisé par Spielberg) et du merchandising (costumes, figurines, autocollants). Celle que les journaux américains décrivent comme une mère-célibataire-au-chômage qui se réfugiait dans les cafés pour écrire au chaud, vit maintenant normalement et confortablement à d'Edimbourg. Mais ce qui se passe autour d'elle n'a rien de confortable ni même de normal. Sa tournée de promotion aux Etats-Unis a été une folie à la Madonna. On a vu des classes désertées, des enfants en pleurs et des parents hurlant. Un libraire du New Jersey a été mordu par un père frustré de n'avoir pu approcher l'auteur, et les chrétiens de Caroline du Sud ont demandé l'interdiction du troisième volume pour apologie "de la haine et des sciences occultes". La cause de ce ramdam? Une histoire qui se passe dans le monde enchanté de sorciers très britanniques, une histoire où on rit beaucoup, mais où les méchants sont vraiment méchants et où on a vraiment peur. Il y a de la solitude et de l'amitié, des trahisons et des sacrifices, des choix moraux ("Ce sont nos choix, Harry, qui montrent ce que nous sommes vraiment, bien plus que nos aptitudes"), et la lutte du Bien et du Mal (pour le moment, le Bien triomphe, mais de justesse). Le héros, Harry, est un orphelin au destin tragique, désigné à la naissance pour accomplir de grandes choses. En attendant, il va à l'école, sèche les cours d'arithmancie, essaie d'éviter son mesquin et apoplectique oncle Vernon et son immonde cousin Dudley (Dudlinouchet pour sa maman), sans tomber sur Mimi Geignarde, un fantôme en plein âge ingrat qui passe son temps à se plaindre ("J'aimerais bien qu'on arrête de parler de moi derrière mon dos. Même si je suis morte, j'ai encore une sensibilité") et à se presser les boutons dans les toilettes des filles. Pour le reste, la vie du pensionnat suit son cours. On y enseigne le dressage d'hippogriffes récalcitrants et le touillage de potions rétrécissantes, on y reçoit des beuglantes (lettres d'engueulade reconnaissables à leur enveloppe rouge, et qui se mettent à hurler dès qu'on les ouvre), on y joue au quidditch (une sorte de cricket aux règles diaboliques) sur un balai volant. Tous les élèves de première année, surtout les garçons, rêvent de remplacer les vieux balais d'entraînement de l'école par un Nimbus 2000 ou, encore mieux, un Eclair de Feu (accélération de 0 à 240 km/h en 10 secondes) et en classe, on mâchonne des gommes de limaces, des chocogrenouilles et des dragées de Bertie Crochue (goût foie, tripes ou chou de Bruxelles). Tout les attributs de ce monde bizarre -jusqu'à la devise du collège: "Drago Dormiens Nunquam Titillandus" (1) et aux mots croisés de la Gazette des Sorciers, étaient dans la tête de Joanne Rowling, et dans ses fiches, bien avant d'apparaître dans ses livres. Quand, en 1995, elle a envoyé le manuscrit du premier volume à son agent Christopher Little, elle avait déjà fait le plan des six autres et écrit le dernier chapitre du dernier volume "pour savoir où j'allais". Pour le reste, elle n'était pas très sûre de savoir où elle allait. Après des études de français et de lettres classiques à l'université d'Exeter, un travail à Amnesty International et un poste de prof à Paris pendant un an, elle était partie au Portugal, avait épousé un journaliste, donné le jour à une petite fille appelée Jessica (en hommage à Jessica Mitford, journaliste anglo-américaine et communiste, engagée dans la guerre d'Espagne à 19 ans), divorcé et atterri à Edimbourg où vit sa sœur Di. C'était en 1994, une semaine à peine avant le fameux discours de John Major sur les mères célibataires, causes de tous les maux de la société. Pas de boulot, pas de projet. "C'est dégradant de ne pas avoir d'argent. Vous perdez tout amour-propre" (2). Une période noire, une dépression, dont elle s'est souvenue en inventant les Détraqueurs, ces créatures d'épouvante qui détruisent jusqu'au souvenir du bonheur et dont le baiser glacé vous anéantit l'âme. "Le dos au mur, je me suis dis que c'était le moment de finir Harry Potter". Son appartement est glacial. Elle promène sa fille de 5 mois en poussette et, dès qu'elle la voit s'endormir, se précipite dans un café pour écrire. L'épisode a beaucoup fait pour son image de mère-célibataire-qui-a-touché-le-jackpot. "C'est horrible d'être définie par le moment le plus triste de son existence". Il prend fin quand son roman est acheté par l'éditeur anglais Bloomsbury, après avoir été refusé par Orion, Penguin et HarperCollins. Dès sa publication en 1997, Harry Potter à l'école des sorciers est un succès. Mais la folie ne démarre que quelques mois plus tard, lorsque le livre arrive sur le continent américain. Les raisons de cet accueil délirant ? Que l'histoire soit drôle et effrayante, avec un héros courageux, loyal et bon en sport, ne suffit pas à tout expliquer. Il y sans doute aussi un "effet série". Comme on le sait depuis Alexandre Dumas et Star Wars, c'est une manière radicale de créer chez le lecteur (ou le spectateur) simultanément le plaisir et le manque, autrement dit l'addiction. Un manque encore renforcé ici par l'anticipation de la fin. Comme on dit en maths, Harry Potter est une série finie, limitée. Il y a aura sept volumes, pas un de plus. L'histoire se terminera lorsque Harry aura atteint 18 ans et qu'il quittera le collège. Ce qui annonce aussi que, à la différence d'autres héros de séries, Harry ne restera pas pétrifié dans la préadolescence. "Il n'y a rien de moins attirant que les gens qui ne grandissent pas. D'ailleurs, je déteste Peter Pan", a déclaré Joanne Rowling. Contrairement à d'autres écrivains pour la jeunesse, surtout les hommes, assure-t-elle, elle n'a aucune nostalgie pour l'enfance. Ni celle des autres, ni la sienne. Enfant "bûcheuse, prétentieuse et très angoissée", elle ne s'est un peu détendue qu'à 16 ans, "en découvrant le maquillage". Aujourd'hui, Joanne Rowling habite une maison avec trois chambres et un jardin. Mais, pendant que Jessica est à l'école, elle continue à s'installer dans les cafés pour écrire.

(1) "On ne chatouille pas un dragon qui dort".
(2) Telegraph Magazine


 

Article du journal "Le Monde", daté du vendredi 31 mars 2000, de Florence Noiville.

Qui se cache derrière le petit bonhomme à la tignasse noire ? Qui se cache derrière cet apprenti magicien qui ensorcelle petits et grands ? Une femme discrète : Joanne K. Rowling, et un conte de fées en forme de phénomène éditorial Tout le monde connaît Harry Potter. A onze ans, il a déjà fait la " une " de Time Magazine, à côté de Jeff Bezos et de Jean Paul II. Oui, le jeune Harry est une star internationale. A l'instar d'un Yehudi Menuhin donnant ses premiers concerts, l'enfant prodige captive les foules. Il magnétise, il envoûte. En trente mois, cet apprenti magicien a déjà ensorcelé... trente millions d'acheteurs ! Trente millions d'exemplaires vendus en moins de trois ans : le phénomène éditorial s'est quasiment mué en fait de société. Enfoncés les Stephen King, les Mary Higgins Clark ! Potter monopolise les hit-parades des meilleures ventes. Il enflamme les adultes autant que les enfants. Il rafle tous les prix (42 au total). Il est traduit en 35 langues et présent quasiment partout : en Grande-Bretagne où il est né en 1997 ; aux Etats-Unis où il a occupé les trois premières places des best-sellers du New York Times pendant 100 semaines ; mais aussi en Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas, et jusqu'en Croatie ou en Corée. Sans oublier la France où, lancé par Gallimard en 1998, il flirte déjà avec le demi-million d'exemplaires vendus... Aujourd'hui, il faut vraiment être un " Moldu ", un de ces lourdauds qui n'entendent rien à la magie et détestent tout ce qui a trait à l'imagination, pour n'avoir pas eu vent de lui. Avec sa tignasse noire, ses yeux verts et ses lunettes rondes rafistolées au papier collant - à cause des coups de poing de son détestable cousin Dudley -, avec la mystérieuse cicatrice en forme d'éclair qu'il porte au front, Harry Potter, comme Minerve de celui de Jupiter, est sorti tout armé du cerveau de sa créatrice, Joanne K. Rowling. En seulement trois livres - Harry Potter à l'école des sorciers, Harry Potter et la chambre des secrets et Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban (Folio Junior, 1998 et 1999. Voir " Le Monde des livres " du 29 janvier 1999 et " Le Monde des poches " du 2 juillet 1999) -, cet orphelin élevé, comme il se doit, par un oncle et une tante exécrables, aura intégré Poudlard, une grande école de sorcellerie, volé sur des balais, excellé au Quidditch, une variante magique du cricket, combattu les Trolls et les Détraqueurs, en compagnie de ses amis Ron et Hermione, et fait prendre conscience au lecteur du caractère exceptionnel de son destin. Il aura aussi déchaîné les passions. Celle des internautes qui " potterisent " fiévreusement sur le Web. Celle des intégristes de Californie du Sud qui tentent de le faire interdire pour incitation à la magie. Celle de ses " fans " qui s'étripent lors de signatures et arborent sur le front un tatouage de sa cicatrice. Ou encore celle d'une Américaine, Nancy Stouffer, qui l'attaque notamment pour pillage du mot " muggle " ( " moldu ") - ce mot extraordinaire dont les lexicographes eux-mêmes ne connaissent pas bien le sens. En 2001, la Warner fera de lui le héros d'un film avec merchandising et grande offensive commerciale. Plus personne alors n'aura la moindre excuse. Oui, tout le monde connaît Harry Potter. Mais Joanne Kathleen alias J. K. Rowling, son inventrice, qui est-elle donc ? Sans aucun doute l'un des auteurs les plus secrets d'Angleterre. En France, seul Libération lui a, en novembre, extorqué quelques phrases, par courrier électronique. Moins accessible encore qu'un John Le Carré, la jeune femme refuse toutes les interviews et s'abrite derrière une légende aux allures de conte de fées. Lorsqu'elle se lance dans Harry Potter, au début des années 90, J. K. Rowling, née en 1965, est une mère célibataire. Elle vit à Edimbourg, sans ressource, dans un appartement glacial. Dans la journée, elle promène son bébé en poussette, et, quand la fillette s'endort, elle se réfugie au café pour noircir des feuillets. Enfin, elle décroche une bourse du Scottish Arts Council, et trouve dans l'annuaire le numéro de son futur agent, Christopher Little. Mais nombre d'éditeurs, qui s'en mordent aujourd'hui les doigts, refusent son manuscrit. En 1997, l'anglais Bloomsbury le publie enfin. Et bientôt l'américain Scholastic, connu en fiction pour étonner le monde avec ses succès phénoménaux, de Chair de poule au Club des baby-sitters. Gallimard fait preuve du même flair sur les conseils de son éditrice Christine Baker. Le destin se retourne alors. Le charme opère, les ventes s'envolent. JKR-Cendrillon rejoint le peloton des grandes fortunes britanniques... Telle est la légende de J. K. Rowling. Un mythe qui suscite tant de curiosité que l'intéressée a fini par céder. C'était entendu, elle allait parler à la presse. Pas chez elle, à Edimbourg. Pas en tête à tête, tant s'en faut. Mais lors d'une conférence organisée à Londres avec son agent et ouverte à une quarantaine de journalistes du monde entier. Trois questions pour chacun. Une heure et trente minutes, pas une de plus. Une seule télévision autorisée. Et une séance photo pour clore le tout : du rarement vu dans l'édition ! Cela se passait lundi 27 mars à la British Library, un endroit bien choisi, à deux pas de King's Cross, là où Harry embarque dans le Poudlard Express, sur le quai 9 3/4, invisible aux " Moldus ". En ce moment, la bibliothèque propose d'ailleurs une exposition intitulée Chapter and Verse, mille ans de littérature anglaise. Au chapitre " imagination ", c'est J. K. Rowling qui, tel un classique vivant, clôt la chronologie, dans le sillage de Jonathan Swift, Mervyn Peake, Lewis Carroll et JRR Tolkien. Mais cela n'est pas de nature à entamer sa modestie. Blonde et tout de noir vêtue, Joanne K. Rowling dit et redit, posément, combien " tout ce qui se passe " lui semble " déconcertant ". Elle, qui s'était toujours imaginée écrire pour une poignée d'amateurs et pensait " qu'être publiée était déjà vraiment bien ", s'étonne la première que son univers si typiquement britannique - ce collège notamment, avec ses compartiments sociaux bien étanches, ses codes et ses castes qui sont la reproduction de la société anglaise - puisse faire rire les lecteurs, aux mêmes endroits, de la Floride à l'Estonie. Elle évoque sa " compulsion " à écrire, depuis l'âge de six ans, son enfance boulimique de lectures et sa mère qui ne lui en interdisait aucune. Elle parle de ses coups de coeur précoces, C. S. Lewis et Jane Austen, et aussi du " génie absolu " qu'est pour elle Roddy Doyle. Elle confirme qu'elle écrit toujours dans les cafés d'Edimbourg, mais en change sans cesse désormais pour semer les importuns. D'où lui vient l'inspiration ? Sans doute d'un " déséquilibre chimique " du côté des neurones. Elle naît en tout cas sans effort : " Tout ce que j'écris vient de ma mémoire d'enfant. Je me rappelle extraordinairement clairement ce que c'est que d'avoir onze ans. Je n'ai besoin d'aucune recherche. " Harry Potter, c'est un peu elle. Elle pense à travers lui, elle le " voit " et considère comme une " mission " de " l'amener là où il doit arriver, à la fin du dernier tome ". " Harry Potter est un énorme projet, un roman colossal que j'ai découpé en sept livres " - et qui s'arrêtera lorsque, à dix-sept ans, il quittera le collège. Ensuite ? " Je ne sais pas. Ecrire spécifiquement pour les adultes, pourquoi pas. Mais si je suis connue toute ma vie comme auteur pour enfants, je ne considérerai pas cela comme secondaire. " Pour autant, J. K. Rowling se dit incapable de " théoriser " sur ses livres. Et le noeud du mystère subsiste : pourquoi la folie Potter ? Il faut sans doute interroger ses fans pour s'en faire une idée. Axel, douze ans, qui a avalé en boucle les trois premiers livres (900 pages au moins) et rêve d'un " Eclair de feu ", le " meilleur balai imaginable pour un sorcier ", suggère une piste : " Le plus drôle, c'est de voir comment un petit garçon qui ne connaît rien à la magie est projeté dans ce monde et se débrouille comme il peut entre l'univers des sorciers et celui des gens normaux. Entre ses amis qui sont vraiment ses amis et ses ennemis qui font tout ce qu'ils peuvent pour le sacquer ". L'imaginaire de Rowling, en effet, est un monde clivé où l'affrontement entre Harry et Voldemort, le puissant nécromancien qui a tué ses parents, recoupe l'éternel combat du Bien et du Mal. " On y retrouve tous les archétypes du fantastique, note l'universitaire Jean Perrot. La magie sert à mettre à distance les fantasmes, à jouer avec le moi, à l'investir d'une puissance susceptible de vaincre les angoisses ou de les mettre à distance. " C'est aussi la théorie de Jean-François Ménard. L'excellent traducteur de Rowling ainsi que de Roald Dahl ( Le Bon Gros Géant) est lui-même romancier pour la jeunesse et spécialiste ès sorcellerie. " Ce sont des livres qui au-delà de leur caractère divertissant révèlent une profonde angoisse, note Jean-François Ménard. Harry est perpétuellement en proie à la peur : école, environnement instable, beaux-parents hostiles, incertitudes des origines... Il est une métaphore, magistrale et universelle, de la situation des enfants aujourd'hui. Ajoutez à cela une grande finesse psychologique, une grande variété d'émotions, allant de la joie à la panique, et vous obtenez quelque-chose de très intense. " Intense. Quelque chose de ce genre se dégage de J. K. Rowling. Ses silences mêmes sont denses, ses timidités, ses regards. Son air ennuyé du début a laissé place aux demi-confidences. Elle confirme que les Détraqueurs du volume trois, ceux dont la présence annihile tout désir et toute envie, sont bien une réminiscence d'une dépression qu'elle a vécue avant son aventure éditoriale. Mais c'est surtout lorsqu'elle évoque ses personnages - ces êtres en trois dimensions qui, miracle, se sont mis à vivre dans tant d'autres têtes que la sienne - qu'elle jubile vraiment. A la question fatidique, " Que se passe-t-il dans le quatrième volume " ?, elle brûle de répondre, mais s'autocensure : " Trop d'enfants sont aux aguets. " Certains sont même entrés chez elle, pour fouiller ses papiers. " Disons qu'on y verra la finale de la coupe du monde de Quidditch. Et surtout, il y aura des morts. " " Pourvu que ce ne soit pas Ron ", supplie sur Internet un garçonnet du Nebraska. Sur les " Harry Potter Chat ", les forums de discussions, on se perd en conjectures. Sans compter qu'Harry doit aussi tomber amoureux dans ce nouvel opus. De qui ? Jean-François Ménard a son idée : " Peut-être la jeune fille au nom asiatique qui croise son regard dans Le Prisonnier d'Azkaban ? " Axel proteste au nom de la morale : " Ce ne serait pas très bien pour la soeur de Ron qui est amoureuse d'Harry. On ne voit pas ce qu'elle deviendrait s'il en aime une autre. " La seule certitude, c'est que le livre, dont le titre est gardé secret, sortira le 8 juillet en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Simultanément cette fois, pour éviter que tous les Américains ne se ruent sur Amazon pour commander l'édition anglaise. Le 8 juillet, c'est la date des vacances dans les boarding schools. Ensuite, pour les petits Français, s'ajoutera le temps de la traduction. Axel soupire : " Ça fait long à attendre. "